Le Coeur Net : La newsletter du Dre Laure Geisler

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🍬 ALIMENTATION ULTRA-TRANSFORMÉE: on dĂ©balle, on comprend, on choisit

Dossier-santé #18

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Dre Laure GEISLER
févr. 05, 2026
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Hello !

Welcome dans ce 18e dossier de LE COEUR NET, la newsletter santé dédiée aux jeunes !

👉 Ici, pas de jargon, pas de blabla inutile : juste des infos indĂ©pendantes et fiables pour vous aider Ă  accompagner vos ados au quotidien.

đŸ€˜Sept dossiers sont accessibles entiĂšrement gratuitement pour comprendre le projet librement : Soleil, Autonomie, AnxiĂ©tĂ©, HygiĂšne, Croissance et pubertĂ©, RĂšgles, RentrĂ©e.

đŸ€˜Les dossiers suivants (dĂ©but gratuit) sont : PremiĂšres fois (violentomĂštre), Sommeil : mode d’emploi , DĂ©pression, DĂ©pistage et prĂ©vention, VĂ©gĂ©, vĂ©gan, flĂ©xi , AcnĂ© , Hiver et Sport et mouvement, Reprise et motivation en janvier et Relations Parents-ados.

📬 Le dĂ©but de ce dossier et les premiĂšres fiches sont accessibles gratuitement. Pour lire la totalitĂ©, c’est sur abonnement payant Ă  6€/mois ou 60€/an ! Merci de votre comprĂ©hension ! 👉 Pour info voici une explication du projet 😜.

C’est parti đŸ€˜đŸ€˜đŸ€˜ !

Ce dossier, je l’ai pensĂ© comme une transmission.

Pas seulement d’informations, mais de gestes, de rĂ©flexes et d’exemples que nos jeunes vont emporter avec eux quand ils feront leurs premiers pas en cuisine, leurs premiers courses en solo, leurs premiers repas sans nous.

On parle beaucoup d’ultra-transformĂ©, de chiffres et de pourcentages. Moi, j’ai surtout envie qu’on parle de ce qu’on apprend Ă  faire : lire une Ă©tiquette, composer un repas simple, improviser quand le frigo est vide, et surtout garder du plaisir sans se perdre dans les rĂšgles.

Il y aura un autre dossier, plus tard, sur la consommation au sens large — les objets, les fringues, les envies qui peuvent Ă©galement ĂȘtre plus oĂč moins bonnes pour la santĂ© Ă  l’adolescence.

Parce qu’au fond, ce qu’on enseigne aujourd’hui Ă  table, nos ados le rĂ©utiliseront demain dans bien d’autres domaines de leur vie.

Merci pour la confiance, bonne lecture !

Laure

Et comme d’habitude, voici les fiches que vous pouvez lire, screenshoter, imprimer đŸ„°, les jaunes sont plus Ă  destination des ados, et les bleues Ă  destination des adultes. Retrouvez-les toutes rĂ©unies dans un mĂȘme dossier ici :


Quand un aliment n’est pas transformĂ©, il est brut. Et quand il est juste prĂ©parĂ© pour ĂȘtre mangĂ© il est dit “peu transformĂ©â€.

On parle d’ultra-transformĂ© quand un produit n’est plus simplement modifiĂ©, mais recomposĂ© Ă  partir de fractions et d’ingrĂ©dients industriels. Pour simplifier ici on parle d’un AUT = Aliment(s) Ultra TransformĂ©

Avant de juger ce qu’on mange, encore faut-il parler le mĂȘme langage. Transformer un aliment peut recouvrir des rĂ©alitĂ©s trĂšs diffĂ©rentes, depuis les gestes de cuisine les plus simples jusqu’à des procĂ©dĂ©s industriels complexes.

  • Transformation “basique”

Quand on cuisine, on transforme les aliments. À la maison, ça ressemble Ă  laver les lĂ©gumes, Ă©plucher les fruits ou cuire du riz Ă  l’eau, des gestes de base que tout le monde connaĂźt. L’aliment reste reconnaissable et on voit encore Ă  peu prĂšs ce que c’était au dĂ©part (Monteiro et al., 2019).

Cette transformation peut aussi ĂȘtre faite par l’industrie alimentaire, tout en restant proche de ce qu’on ferait chez soi : cuire, mixer, surgeler, mettre en conserve. Les ingrĂ©dients sont simples, les procĂ©dĂ©s restent comprĂ©hensibles, et l’aliment demeure identifiable.

  • Ultra-transformation

En revanche, l’ultra-transformation industrielle, c’est un autre monde. On ne se contente plus de cuire ou d’assembler des aliments : on les fractionne, on les recompose et on ajoute des substances qu’on n’utiliserait jamais chez soi. Amidon modifiĂ©, isolats de protĂ©ines, arĂŽmes ou Ă©mulsifiants deviennent des ingrĂ©dients centraux. LĂ , l’aliment d’origine est souvent difficile Ă  reconnaĂźtre.

Mais cuisiner ne veut pas dire tout fabriquer soi-mĂȘme : pas besoin de faire son huile ou sa farine, le but c’est de combiner des ingrĂ©dients identifiables pour crĂ©er un plat.

La classification NOVA est l’outil que les chercheurs utilisent pour mettre un peu d’ordre dans le chaos alimentaire. DĂ©veloppĂ©e Ă  l’UniversitĂ© de SĂŁo Paulo au BrĂ©sil, elle se base sur la façon dont un aliment est transformĂ©, pas juste sur ses calories ou son profil nutritionnel (Monteiro et al., 2010).

Elle distingue quatre groupes :

  1. Aliments peu ou pas transformĂ©s : fruits, lĂ©gumes, Ɠufs, lait
 la base de la base.

  2. Ingrédients culinaires : sucre, sel, huiles, farine : on les utilise pour cuisiner, pas pour grignoter.

  3. Aliments transformés : pain, fromages, conserves
 des mélanges simples de groupes 1 et 2.

  4. Aliments ultra-transformĂ©s (AUT) : des produits trĂšs travaillĂ©s par l’industrie, prĂȘts Ă  consommer, avec des tas d’ingrĂ©dients et d’additifs. Bref, lĂ , on est loin du lĂ©gume vapeur.

Certains aliments sont classĂ©s par NOVA comme ultra-transformĂ©s, mĂȘme si ce n’est pas du “junk” pur sucre.

Par exemple :

  • Un yaourt enrichi en protĂ©ines ou en calcium, avec quelques additifs pour la texture, reste utile pour la croissance et les apports essentiels.

  • Des barres de cĂ©rĂ©ales complĂštes combinant flocons d’avoine, fruits secs et un peu de sirop : pratiques pour un goĂ»ter ou un encas, pas juste du sucre emballĂ©.

  • Des boissons vĂ©gĂ©tales enrichies en calcium et vitamines, qui peuvent remplacer le lait dans certains usages.

MĂȘme si NOVA les classe comme ultra-transformĂ©s, ils ne sont pas forcĂ©ment Ă  bannir automatiquement. Dans l’idĂ©al, il faut regarder quand et comment les consommer, et les considĂ©rer dans le contexte de l’alimentation globale (Braesco et al., 2022).

Beaucoup pensent que fait maison = sain. Spoiler : pas toujours.

Une recette maison peut contenir tout autant de sucre, de sel ou de gras qu’un produit industriel. C’est pas tant le lieu de prĂ©paration qui compte, mais les quantitĂ©s et la qualitĂ© des ingrĂ©dients (Pellegrini et al., 2025).

Et attention, certains produits industriels peuvent ĂȘtre surprenants : une conserve de lĂ©gumes ou un yaourt nature sans additif peut trĂšs bien trouver sa place dans une alimentation Ă©quilibrĂ©e.

Bref, au lieu de se fixer sur le « fait maison vs industriel », mieux vaut limiter la fréquence et se concentrer sur la qualité.

Alimentation Ultra Transformee C Est Quoi En Vrai
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L’ultra-transformation n’est pas dangereuse en soi, mais elle repose sur des formulations industrielles trĂšs Ă©loignĂ©es de l’aliment d’origine, conçues avant tout pour la texture, la conservation et le goĂ»t, plutĂŽt que pour la valeur nutritive.

Vous ouvrez une boĂźte et la liste des ingrĂ©dients fait plus de cinq lignes ? Bingo, c’est souvent un AUT. Ces produits contiennent plein de fractions industrielles qu’on ne manipule pas chez soi  : amidons modifiĂ©s, isolats de protĂ©ines, fibres ajoutĂ©es
 Pas lĂ  pour faire joli, mais pour leur texture, la conservation et leur fonctionnalitĂ© industrielle.

  • Voici quelques fonctionnalitĂ©s industrielles (texture, stabilitĂ©, capacitĂ© de rĂ©tention d’eau) :

    • Amidon modifié : amidon de maĂŻs, blĂ© ou pomme de terre bidouillĂ© industriellement pour Ă©paissir ou stabiliser. Dans les sauces, crĂšmes ou desserts prĂȘts Ă  l’emploi, il assure une texture parfaite sans effort.

    • ProtĂ©ines isolĂ©es : extraites de soja ou de lait, ajoutĂ©es pour une texture et une bonne tenue, pas forcĂ©ment pour mieux nourrir. On les trouve dans les barres, boissons vĂ©gĂ©tales, biscuits sportifs


    • Fibres ajoutĂ©es : isolĂ©es de plantes (psyllium, inuline, pomme) pour augmenter la teneur en fibres ou modifier la texture. Plus besoin du lĂ©gume ni du fruit entier.

  • Et puis il y a le petit jeu des synonymes pour un mĂȘme ingrĂ©dient. Le sucre est le champion de cette astuce : sucre (nom gĂ©nĂ©rique), saccharose (sucre de table), sirop de glucose (glucose liquide), dextrose (glucose), fructose (sucre des fruits), maltose (sucre du malt)
 MĂȘme ingrĂ©dient, six noms diffĂ©rents.

Bref, plus la liste est longue, plus les ingrĂ©dients sont fractionnĂ©s ou cachĂ©s sous plusieurs noms, plus on est dans l’univers ultra-transformĂ© (AhrnĂ© et al., 2025).

Les AUT adorent les additifs. LĂ , on ne parle pas d’un petit peu de sel ou de sucre, mais d’une vraie armada d’ingrĂ©dients qui agissent sur goĂ»t, texture, couleur et conservation (Monteiro et al., 2019).

Quelques exemples concrets :

  • Émulsifiants et texturants : Mono‑ et diglycĂ©rides d’acides gras (E471), lĂ©cithines (E322), carraghĂ©nanes (E407), xanthane (E415). Ils aident Ă  stabiliser ou Ă©paissir les mĂ©langes (mayonnaises, sauces, desserts) pour que tout reste bien mĂ©langĂ© et moelleux.

  • Édulcorants : aspartame (E951), sucralose (E955), acĂ©sulfame K (E950) : ils sont utilisĂ©s pour remplacer le sucre dans des produits « allĂ©gĂ©s ».

  • Conservateurs : sorbates, benzoates, nitrates/nitrites : ils ralentissent l’oxydation ou la croissance microbienne, pour que l’aliment “dure” plus longtemps.

  • Colorants et arĂŽmes : caramel (E150a), arĂŽmes artificiels : pour sĂ©duire l’Ɠil et le nez.

Dans les AUT, le sucre, le sel et les graisses ne servent pas qu’à donner du goĂ»t : ils ont aussi des fonctions techniques.

  • Sucres “invisibles” (sirop de glucose-fructose, invert sugar, maltodextrine, dextrose, concentrĂ© de jus) : ils contribuent Ă  la texture, au moelleux, et bien sĂ»r au goĂ»t sucrĂ©.

  • Sel : il relĂšve le goĂ»t, mais aide aussi Ă  stabiliser la recette et Ă  conserver le produit.

  • Graisses modifiĂ©es (hydrogĂ©nĂ©es ou interestĂ©rifiĂ©es) : elles assurent texture, tenue et durĂ©e de conservation.

Autrement dit, ces ingrĂ©dients sont utilisĂ©s pour leur “double fonction” : ils rendent le produit agrĂ©able Ă  manger tout en le rendant stable et pratique Ă  stocker (Steele et al., 2016).

Alimentation Ultra Transformee Additifs Et Ingredients Bizarres A Quoi Ca Sert
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Apprendre Ă  repĂ©rer l’ultra-transformĂ© ne demande pas un diplĂŽme en chimie. Avec quelques repĂšres simples, on peut savoir vite fait si le snack du soir ou le repas express mĂ©rite sa place
 ou pas.

Un bon rĂ©flexe consiste Ă  se concentrer sur les premiers ingrĂ©dients : ils reprĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement la majoritĂ© du produit. Si les premiĂšres lignes ressemblent Ă  un dico de chimie “sirop de glucose‑fructose”, “huile hydrogĂ©nĂ©e”, â€œĂ©mulsifiants”), c’est que le produit est ultra‑transformĂ© et ce critĂšre est justement utilisĂ© dans les classifications scientifiques comme NOVA (D’Angelo Campos et al., 2024).

Regarder l’étiquette peut suffire pour dĂ©cider rapidement :

  • Une liste courte et ingrĂ©dients identifiables = plus proche du fait maison.

  • Une longue liste avec fractions industrielles et additifs invisibles = ultra‑transformĂ©.

Une lecture rapide suffit souvent pour dĂ©cider si l’aliment mĂ©rite sa place dans le repas ou juste en dĂ©pannage/plaisir occasionnel. C’est une mĂ©thode rapide, concrĂšte et utile quand on fait ses courses.

Tous les produits ultra‑transformĂ©s ne se valent pas quand on fait ses courses.

Certains sont vraiment pratiques et mĂ©ritent d’ĂȘtre dans le placard ou le frigo : faciles Ă  stocker, rapides Ă  prĂ©parer, ou parfaits pour dĂ©panner un repas.

Exemple  de produits qui ont un vrai rîle fonctionnel et permettent de s’organiser sans stress (Hafner et al., 2025).

  • des encas emballĂ©s Ă  emporter (barres de cĂ©rĂ©ales, compotes en gourde, sachets de fruits secs),

  • une soupe instantanĂ©e quand on rentre tard,

  • ou un repas tout prĂȘt pour les trajets ou la pause dĂ©jeuner express.

D’autres, par contre, n’apportent pas de gain rĂ©el : ils ne sont pas plus rapides, pratiques ou nutritifs que des alternatives peu transformĂ©es. Leur intĂ©rĂȘt au quotidien est limitĂ©.

Pour savoir quand un ultra‑transformĂ© est « utile », on peut se baser sur trois situations :

  • Plaisir occasionnel : un petit snack ou dessert qui fait plaisir.

  • DĂ©pannage : repas rapide quand on manque de temps.

  • Pas d’alternative : en dĂ©placement, Ă  la cantine, ou quand on n’a pas d’autre choix.

En analysant nos habitudes, on apprend Ă  nos ados Ă  repĂ©rer ce qui est vraiment pratique, pour qu’ils sachent eux-mĂȘmes distinguer ce qui reste exceptionnel de ce qui devient rĂ©gulier.

Dans un mĂȘme rayon, deux produits peuvent sembler Ă©quivalents : mĂȘme usage (pĂątes, biscuits, sauces), mĂȘmes portions, et pourtant des listes d’ingrĂ©dients trĂšs diffĂ©rentes. LĂ  encore, quelques repĂšres simples suffisent :

  • PrivilĂ©gier celui avec moins d’ingrĂ©dients et plus d’ingrĂ©dients identifiables.

  • Regarder si des fractions industrielles (Ă©mulsifiants, huiles modifiĂ©es, sirops) apparaissent ou non.

  • Savoir que moins transformĂ© ne veut pas dire parfait, mais souvent mieux pour la qualitĂ© nutritionnelle Ă  long terme.

Pas besoin de culpabiliser du style « est‑ce sain ou pas sain? ». L’idĂ©e est surtout de rĂ©duire progressivement la part d’ultra‑transformĂ©s sans se stresser sur chaque dĂ©tail.

Alimentation Ultra Transformee Lire Une Etiquette En Soixante Secondes
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Ce qui vous attend pour la suite ce sont des explications sur les labels et piĂšges courants Ă  Ă©viter ainsi que l’impact de l’AUT sur la santĂ© des jeunes.

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